Star Da Napalm
Véritable troubadour des temps modernes, Star Da Napalm a l’élégie douce et sensible. Son chant associe plainte et témoignage documentaire. Fortement influencé par la déclaration définitive de Friki Papoua abolissant le jugement, il nous livre ici l’une de ses plus belles mélopées. Le cri d’un écorché vif…
Le consentement (chacun fait c’qui lui plaît) (2025)
« C’est un sujet d’actualité, c’est presque du journalisme… presque… pas tout à fait, y a un côté poétique quand même. Presque un peu comme une chronique. Oui, parce que tout est vrai… ouais, c’est ça, t’as raison, je connaissais pas le mot, un DOCUMENTAIRE… voilààààà. » C’est en ces termes simples, modestes et pourtant puissants, que le maître a bien voulu commenter son chef-d’œuvre. On peut écouter ce dernier soit fragment par fragment, selon une approche radicalement déconstructionniste, soit plus classiquement selon la continuité initialement voulue par l’auteur. Dans les deux cas, comme le dit Télérama : « Une claque ! »
L’intégrale en continu
L’écoute déconstruite
Florilège de l’Accordéon mondial (1915-en cours)
Anthologie de l’accordéon cubiste
Star Da Napalm, poly-instrumentiste, explore en une première compilation de 2 enregistrements inédits le répertoire mondial de l’accordéon cubiste (catégorie Junior).
« Star Da Napalm joue comme un Dieu, c’est-à-dire comme un branleur. Jouissif ! », Télérama, 2 janvier 1915
« Non, Star Da Napalm n’est pas mélancolique, il se repose sur sa technique et ses acquis. Il est si délicat qu’on pourrait croire qu’il s’endort, en réalité il est mort (depuis longtemps : 1978) », Musique & technique (dossier « Accordéon et pneumologie expérimentale », mars 1981)
Anthologie de l’accordéon mondialisé
« La seconde anthologie de l’accordéon mondialisé de Star Da Napalm est éditée ! Fidèle à sa légendaire capacité à faire exister en un battement de cil une totalité vertigineuse, le grand musico-pneumologue réunit, en deux enregistrements, l’essentiel (on pourrait dire l’intégralité, s’il n’avait délibérément refusé d’enregistrer ses propres compositions, dont personne encore n’a jamais pu entendre la moindre note), le plus vaste panorama jamais publié de musique pour accordéon composée dans les sanatoriums du monde, et enregistrée — c’est une idée de l’artiste, apnéiste à ses heures — dans un caisson hyperbare pour la première pièce, dans un centre sibérien d’entraînement au vide spatial pour la seconde. Parfaite cohérence entre la forme et le fond, on remarquera dans la seconde partie de cette « intégrale » la surprenante et virtuose conclusion harmonique et dramaturgique. », Science & techniques, mai 2002
DADAnniversaire ! (9 février 2025)
Star Da Napalm, comme Alain Delon, n’est pas pressé, parce qu’il est mort. Ça lui laisse le temps de voir venir, parce que rien ne vient.
Mais contrairement à Alain Delon Star Da Napalm laisse un immense héritage à personne, parce qu’il n’a descendance ni ascendance.
Star Da Napalm n’aime pas particulièrement le vide, parce que, comme un ministre de l’intérieur, il n’aime pas particulièrement ce qu’il ne connaît pas.
Mais Star Da Napalm aime bien le vide parce qu’il n’a jamais su où était sa place.
110 mètres haies sur sable et Mélancolie au vestiaire (1978 ?)
Une nouvelle découverte, aux archives municipales de Prague, d’un morceau exceptionnel interprété par Star Da Napalm. Il enchaîne, avec encore une fois une pertinence remarquable, deux pièces traditionnelles coréennes (à l’origine les deux Corées, aujourd’hui interdit en Corée du Nord en vertu, si l’on peut dire, des lois interdisant les pratiques tant religieuses qu’artistiques) : 110 mètres haies sur sable et Mélancolie au vestiaire.
Au cours de ces musiques purificatrices jouées avant chacune des épreuves pour les débarrasser des démons arythmiques, ce sont les patients du grand sanatorium de Séoul qui sont seuls habilités à exécuter ces rituels sonores. L’accordéon a depuis la fin de la période romantique remplacé une pratique qui consistait pour les officiants à se claquer mutuellement les poumons en se pressant, dans un face à face qui pouvait durer jusqu’à trois jours, la cage thoracique, un peu à la manière d’un massage cardiaque lors d’une tentative de réanimation en montagne.
Les protagonistes savaient, en s’engageant dans cette purification, que l’aboutissement était pour eux la mort. Ils l’acceptaient en vertu d’une croyance en un phénomène de métempsycose par lequel ils rejoindraient, après expiration, une des lignes blanches de la piste de course du stade. Pour ces pratiquants, encore aujourd’hui, ces lignes continues dessinent de façon évidente les conditions de l’éternité : chacun pour soi et que le meilleur gagne ! Formule rituelle inscrite au dessus de chaque entrée de stade et de chaque camp d’entraînement. La formule aurait été proposée par un officier du IIIe Reich pour orner la grande entrée du stade de Berlin en 1936. C’est aujourd’hui devenu le texte officiel des cérémonies purificatrices prononcé, dans le respect strict de la liturgie, par le porteur du masque de Jessie Owens, mort d’un cancer du poumon en 1980.
On remarquera la vision prémonitoire de Star Da Napalm dans cette interprétation, enregistrée trois mois avant la mort du grand pneumo-musicologue (certains considèrent qu’il aurait davantage été musico-pneumologue, ce qui n’est vraiment pas la même chose). Le grand sprinter afro-américain avait, pour sa part, encore deux ans à vivre, un peu essoufflé tout de même.





